ººMal¡ceºº
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Essai de début de nouvelle épistolaire pour un concours
Cher Zacharie
Ça fait longtemps, n’est-ce pas? Tant d’années ont passé... Pourtant rien ne change. Je t’aimais et je t’aime toujours. Tu le savais, mais tu ne faisais mine de rien. Je sais maintenant pourquoi. Je te voyais désinvolte. Tu riais si souvent, j’aimais ton rire. Je crois que c’est de ton rire dont je suis d’abors tombée amoureuse. Ton visage se métamorphosais. Tu ressemblais à un poème. Je riais aussi. Et tu riais toujours de mes regards tendres, de mes signes désespérés. Tu disais que le monde était à toi. Mais, en vérité, le monde t’effrayait. Tu n’osais pas prendre ma main, alors que je la tendais sans cesse. Tu m’as fait pleurer, tu sais. Bien sûr que tu sais. Tu savais et ça te tétanisait encore plus. Tu riais encore le soir de mon premier baiser. Pas avec toi. Tu riais, moi je voulais que tu pleure. Ce baiser n’avait pas de goût. Tu riais le jour où Marc a pris ma main. Tu es venu me voir pour me dire que c’était bien pour moi. Tu ne comprenais donc rien? Ou peut-être que tu comprenais trop bien. Marc me tenait la main il y a encore trois ans. Tu te souviens, nous allions souvent nous promener les quatre, dans le parc, l’été. Il y avait toi, Sophie, Marc et moi. Sophie, avec son nez retroussé et ses airs hautains. Je détestais ces promenades. J’aimais être près de toi, je détestais être avec elle. Et puis, il y a eu un jour de trop. Il y avait tellement de vent, les feuilles mortes tourbillonaient, les artistes étaient mélancoliques et moi je tenais fort la main de Marc pour pas qu’il ne s’envole. Nous marchions en tenant nos chapeaux. Mais le mien s’était envolé. Tu as couru pour le rattraper, moi je t’ai suivi. Le chapeau nous narguait, toujours plus vite, toujours plus haut. Nous courions en riant. Tu m’as atrappé la main. J’ai arrêté ma course. Toi aussi. Nous nous sommes regardés et tu m’as embrassé. Je croyais que se serait le plus bel instant de ma vie, ce fut le contraire. J’éclatai en sanglots, tu riais en me caressant les cheveux. Marc et Marie sont arrivés, tu leur a dit que mon chapeau avait disparu et que je pleurais parce que c’était mon préféré. Marc s’est précipité pour me prendre dans ses bras et me jurer qu’il m’en rachèterait un plus beau encore. Je l’ai serré très fort pour pas qu’il ne s’envole. Dès cet instant, je me suis juré de ne jamais quitter Marc et de t’oublier. Nos chemins se sont séparés. Marc m’a menée jusqu’à l’autel, je l’ai accompagné dans son dernier soupir. Il y avait lui, mais il y a toujours eu toi. Tous les jours j’ai espéré te voir arriver sur ton cheval blanc, me libérer de ma tour. Je t’aime, Zacharie, mais, à huitante-trois ans, des espoirs on en a plus. Par contre j’ai des volontés. Tu me connais, que mes volontés soient faites. Je vais l’écrire notre histoire d’amour. Me créer des souvenirs pour les emmener dans l’au-delà. Qui se soucie du vrai ou du faux? Je t’aime, c’est tout ce qui compte.
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Aller à la date 5 Commentaire(s)
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Malice
/ Site web
(29.1.06 21:27)
merci
désolée, j'ai mélangé les Georges et les Marc qui sont en fait la même personne! Mais c'est bon tout est ok maintenant.
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